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BON DE COMMANDE à imprimer et à retourner à :
Françoise ROUAUD-MOLLÉRO
ARCANE 21 - 45 avenue du Pouligou - 44380 Pornichet
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Je désire commander : exemplaires à 15,24 euros (100Francs) |
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| Frais de port : 2,5 euros Règlement par chèque à l’ordre de Françoise ROUAUD-MOLLÉRO | |||
VILLA ANTHÉA
de Françoise ROUAUD-MOLLÉRO
Un roman dont l’intrigue se passe à Nantes et dans la région de La Baule et Sainte-Marguerite.
1
De la terrasse surplombant Paris, Aurore pouvait apercevoir l'Arche de la
Défense. C'était une journée scintillante, aux lueurs changeantes, à l'air
imprégné de douceur. Depuis quelques semaines, le printemps avait fait irruption,
jaillissant comme une force vive, un élan nouveau, mais brusquement une ombre
ancienne planait sur elle comme une menace.
Pierre s'était arrêté de parler et Aurore le
regardait. Il était l'ami de son père et son parrain. Elle ne l'avait pas revu
depuis quelques mois, depuis la mort de son père exactement, mais aujourd'hui,
il l'avait fait venir pour lui parler.
- Pourquoi ne m'as-tu pas dit ça plus tôt ? dit-elle
lentement.
Elle le fixait intensément mais ses yeux restaient
insondables. Il eut du mal à soutenir son regard.
- J'ai longtemps hésité, dit-il.
Elle eut un sourire de dérision.
- Longtemps, oui.
Elle restait là, insensible et frémissante à la fois.
- Quand était-ce ? demanda-t-elle seulement.
- Il y a deux mois.
Pierre sentit qu'elle était bouleversée mais il savait
qu'elle n'en montrerait rien. Elle regardait devant elle, l'air songeur. Un
souffle léger effleurait les marronniers de l'avenue.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? demanda-t-il.
- Je ne sais pas.
Ce qu'il venait de lui apprendre était tellement
inattendu, tellement attendu aussi. Attendu trop longtemps...
- Tu vas aller à Nantes ?
Aurore le regarda sans répondre tandis qu'une
nostalgie violente et insoupçonnée s'insinuait en elle. Elle n'était pas
retournée à Nantes. Sept ans plus tôt, elle y avait passé un mois avec son
père. Il arrivait du Proche-Orient où il avait travaillé plusieurs mois et
avait tenu à venir dans cette ville où ils n'étaient jamais venus et où ils ne
connaissaient personne. Comment aurait-elle pu se douter ?
Pierre l'observait. Il avait l'air fatigué.
- Si tu y vas... commença-t-il.
Elle l'interrompit.
- Je n'ai pas dit que j'irai.
- Si tu y vas, répéta-t-il, descends à l'hôtel Hélios.
- Pourquoi ?
- C'est là que j'étais, il y a deux mois. Le hasard...
Aurore se leva, s'appuya au rebord de la terrasse et
regarda autour d'elle. Pierre semblait avoir tout ce qu'il avait toujours
affirmé vouloir. Pourtant elle se demandait, en le regardant aujourd'hui, à
côté de quoi il était passé.
- Pourquoi as-tu autant attendu pour me dire ça ?
dit-elle avec obstination.
Le visage de Pierre exprima la lassitude.
- Ce n'était pas à moi de te le dire.
Elle le regardait, impénétrable. Il l'avait connue
enfant, vue grandir, secrète et presque intimidante. Il avait souvent cherché
sur son visage une expression, une ressemblance mais Aurore ne ressemblait à
personne.
De retour chez elle, Aurore resta un long
moment songeuse. Elle vint s'asseoir à son bureau et sortit un classeur d'un tiroir
fermé à clé. Des feuilles éparses s'y trouvaient, déroulant des phrases aux
rythmes insinuants. Des années de notes qui, depuis quelque temps, avaient
commencé à prendre forme. Depuis qu'elle s'était plongée dans la rédaction de
ce livre qu'elle portait en elle depuis longtemps. Un livre porté comme un
bébé, se nourrissant de sa substance et de sa vie.
Au bout d'un moment, elle décrocha le téléphone et
jeta un regard sur la carte que Pierre lui avait glissée dans la main, avant
qu'elle ne parte. Quelques secondes plus tard, elle composait un numéro.
- Allô, l'hôtel Hélios ? J'aimerais réserver une
chambre pour ce soir. C'est possible ?
- Certainement. Pour combien de temps ?
- Une nuit, peut-être plus. Je ne sais pas encore.
- Très bien. C'est à quel nom ?
Elle hésita, prise au dépourvu.
-Sanders, finit-elle par dire.
Elle raccrocha. Elle était décidée à aller à Nantes.
Mais était-ce important d'y aller, de courir après quelque chose qui risquait
de s'enfuir et l'entraîner toujours plus loin. Mais elle ne pouvait pas ne pas
y aller. Comment appelle-t-on ça ? C'était comme un miroir où on ne trouverait
pas son reflet.
Elle referma son classeur d'un geste brusque. Dans ce
livre, elle avait essayé de trouver des réponses. Mais connaissait-elle la bonne
question ?